Serge Hefez

Serge Hefez © Pascale Lourmand Kero

© Pascale Lourmand
Kero

Psychiatre et psy­cha­na­lyste, Serge Hefez dirige une unité de thé­ra­pie fami­liale au sein d’un ser­vice hos­pi­ta­lier. Il est l’auteur de nom­breux livres, dont Dans le cœur des hommes (Hachette, 2007) et Scènes de la vie conju­gale (Fayard, 2010). Observateur des méta­mor­phoses de la famille et du couple, il en décrypte les para­doxes et mise sur la créa­ti­vité de cha­cun pour trou­ver sa place. C’est au sexe et au genre qu’il a consa­cré son essai Le Nouvel ordre sexuel. Pourquoi devient-on fille ou gar­çon ? (Kero, 2012). Loin de sous­crire aux visions pes­si­mistes, il choi­sit d’éclairer le « décloi­son­ne­ment » actuel entre les sexes comme une chance pour vivre les infi­nies figures du mas­cu­lin et du féminin.

Extrait de Le Nouvel ordre sexuel. Pourquoi devient-on fille ou gar­çon ? :
Éga­lité, mono­pa­ren­ta­lité, garde alter­née, parité, sta­tut des beaux-parents, mariage homo­sexuel, homo­pa­ren­ta­lité, copa­ren­ta­lité, toutes ces ques­tions qui ont trait au genre – qu’est-ce qu’une femme, qu’est-ce qu’un homme, peut-on se défi­nir autre­ment que dans ce choix binaire, et où est la place de qui ? – se font de plus en plus pres­santes dans notre vie fami­liale, sociale, poli­tique. Le modèle sécu­laire du couple mono­game hété­ro­sexuel éter­nel, sur lequel s’appuient les fon­de­ments de l’organisation de notre monde, s’effrite depuis si long­temps que le temps est venu d’admettre qu’il a besoin d’un vrai réamé­na­ge­ment, voire d’être repensé de fond en comble. Si les femmes et les hommes conti­nuent de s’aimer et de dési­rer des enfants, le mariage comme garant unique de la pro­créa­tion, de la trans­mis­sion et de la vie en société a fait long feu.
Oui, mais voilà, il fait bien l’admettre : ce mur-là, qui sépare de façon bien dis­tincte les hommes des femmes, avec ses postes-frontières et ses pas­sages obli­gés, et qui orga­nise notre monde depuis tou­jours, est un mur por­teur. Certains « spé­cia­listes », y com­pris des psy­cha­na­lystes, affirment même qu’il sou­tient l’édifice tout entier que les hommes – ils veulent dire les humains, bien entendu – ont construit siècle après siècle pour assu­rer la péren­nité de l’humanité. Comment oser, dans ce cas, envi­sa­ger d’en reti­rer la moindre pierre, d’y creu­ser la moindre brèche, d’en modi­fier, ne serait-ce que très légè­re­ment, la struc­ture ?
D’autres, dont je suis, sont moins caté­go­riques : bien sûr, ce mur est por­teur. Mais il est pos­sible, quand même, de le modi­fier, pour l’améliorer. À condi­tion de com­prendre la nature même de sa construc­tion, et de s’y atte­ler en la res­pec­tant, sans vou­loir tout mettre par terre. ou archi­tectes savent très bien faire : par­tir d’un très vieux bâti­ment, reprendre la char­pente, ima­gi­ner des exten­sions, des modi­fi­ca­tions, pour le trans­for­mer en une bâtisse moderne et aérée, adap­tée à son temps, où la vie est à nou­veau possible.
Le Nouvel ordre sexuel. Pourquoi devient-on fille ou gar­çon ? p.12–13

RENCONTRES
Samedi 12 avril – 11 h
Maison du Tourisme
Samedi 12 avril – 15 h
Bibliothèque Kateb-Yacine
SIGNATURE
Dédi­caces des auteurs ven­dredi,
samedi ou dimanche
sous le cha­pi­teau du Jar­din de ville
BIBLIOGRAPHIE SÉLECTIVE
Le Nouvel ordre sexuel
Kero, 2012
C’est quoi, être amou­reux
Bayard jeu­nesse, 2011
La Sarkoze obses­sion­nelle
Hachette, 2008
Quand la famille s’emmêle
Hachette, 2004
La Danse du couple
Hachette, 2002
avec Danièle Laufer

One comment on “Serge Hefez

  1. Basile P-R

    Serge Hefez, dans « Le nou­vel ordre sexuel », par du constat que la société change et que nous sommes en train de construire un nou­vel ordre sexuel. Nait-on homme ? Nait-on femme ? Ou bien le devient-on ? Ce livre tente d’expliquer com­ment cha­cun de nous va s’approprier sa mas­cu­li­nité ou sa fémi­nité. L’auteur va s’appliquer à démon­trer qu’il n’y a aucune rai­son d’avoir peur fasse à un tel chan­ge­ment des men­ta­li­tés. Ce livre d’actualité pose beau­coup de ques­tions, aux­quelles il ne répond pas tou­jours. Peut-être pour jus­te­ment ali­men­ter le débat ?

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