Santiago Gamboa

Santiago Gamboa © Philippe Matsa

Santiago Gamboa

Né en Colombie, jour­na­liste, diplo­mate et écri­vain, Santiago Gamboa vit actuel­le­ment à Rome. Son talent de conteur fait par­ti­cu­liè­re­ment mer­veille dans Nécropolis 1209 (Métailié, 2010), fresque de vies et de des­tins à la manière d’un Boccace moderne. Dans Prières noc­turnes (Métailié, 2014), il donne voix à Manuel, jeune étu­diant arrêté à Bangkok et condamné à mort pour tra­fic de drogue. Convaincu de son inno­cence, un consul à New Dehli se met pour lui en quête de sa sœur Juana, dis­pa­rue au Japon puis en Iran. Histoire d’amour fra­ter­nel, le roman décrit aussi, à tra­vers la rage de Juana, une Colombie vio­lente, minée par le pou­voir des para­mi­li­taires et le crime d’état.

Extrait de Prières noc­turnes :
Il n’y avait pas besoin de par­ler. Nous ne nous sommes rien dit, nous étions de vrais gosses ! Mais nous savions que nous étions ensemble : nous nous étions recon­nus. C’est pour ça que je me suis consa­crée à sa pro­tec­tion. C’était mon petit frère. Je l’ai pro­tégé autant que j’ai pu de la méchan­ceté de cette ville et de la cruauté de l’enfance. J’ai essayé aussi de le pro­té­ger de la famille. Je ne sais pas si j’ai réussi. Ensuite, à mesure qu’il gran­dis­sait, j’ai perçu son intel­li­gence extra­or­di­naire. Ses opi­nions sur la vie et le monde, et plus tard sur l’art, étaient excep­tion­nelles. Tout en lui était ainsi : génial, énig­ma­tique, sur­hu­main. En lui gran­dis­sait quelque chose de beau et moi j’étais là pour veiller sur lui, comme une braise rou­geoyante qu’il faut cou­vrir avec les mains pour qu’elle se trans­forme en feu. Cela nous a donné de la force. Le cou­rage naît par­fois de deux peurs. C’était notre cas.
Depuis l’âge de quinze ans, j’ai senti que je devais trou­ver un moyen de m’échapper. Un jour, nous avons vu le film Papillon, avec Steve McQueen et Dustin Hoffman, et nous nous sommes dit que c’était pareil pour nous, nous devions nous échap­per d’une île pri­son en pro­fi­tant des marées, c’était une obses­sion, fuir ou mou­rir, aban­don­ner notre triste mai­son, ce quar­tier de classe moyenne, ces men­ta­li­tés d’arrivistes, cette ville triste et détes­table. Notre île pri­son. Il nous fal­lait prendre la pre­mière grosse vague, comme dans Papillon.
Prières noc­turnes, p.209–210

RENCONTRES
Jeudi 10 avril – 10 h
(Rencontre en espa­gnol)
Grenoble École de Management
Vendredi 11 avril – 14 h 30
Bibliothèque Centre-ville
Samedi 12 avril – 11 h
Salle Juliet-Berto
SIGNATURE
Dédi­caces des auteurs ven­dredi,
samedi ou dimanche
sous le cha­pi­teau du Jar­din de ville
BIBLIOGRAPHIE SÉLECTIVE
Prières noc­turnes
Métailié, 2014
Nécropolis 1209
Métailié, 2010
Le Siège de Bogota
Métailié, 2009
Les Captifs du Lys blanc
Métailié, 2002
Le Syndrome d’Ulysse
Métailié, 2007