Anne Percin

Anne Percin© John Foley — Opale — Editions du Rouergue

© John Foley
Opale / Ed. du Rouergue

Enseignante de lettres, Anne Percin est entrée en lit­té­ra­ture de jeu­nesse avec Point de côté (Thierry Magnier, 2006), dont le nar­ra­teur, Pierre, pour­suit sa vie roma­nesque et sa quête ini­tia­tique, dans Bonheur fan­tôme (Rouergue, 2009). Chez ce der­nier édi­teur, l’auteure a publié plu­sieurs romans pour ado­les­cents, dont trois titres où le jeune Maxime mène tant bien que mal sa vie d’adolescent iro­nique. Comment (bien) rater ses vacances (2010) voit la bulle esti­vale et infor­ma­tique de Maxime voler en éclats : sa grand-mère hos­pi­ta­li­sée et ses parents hors d’atteinte, il doit faire face à l’imprévu, prendre ses res­pon­sa­bi­li­tés et apprendre, au pas­sage, qu’on ne gran­dit jamais seul.

Extrait de Comment (bien) rater ses vacances :
J’ai par­couru des yeux toute la pièce, comme si elle avait pu s’y cacher. Et si je décou­vrais une cha­ren­taise dépas­sant du frigo ?
J’ai contourné la table, refermé la porte. Aucun signe. Bizarrement, je n’ai pas appelé. Comme si je savais qu’elle ne pour­rait pas m’entendre. Je cher­chais, c’est tout.
Et je savais que je la trou­ve­rais. Mamie est quelqu’un d’étonnant, mais pas au point de quit­ter sa confi­ture sur un coup de tête pour aller se bala­der. Elle ne pou­vait pas être loin. Et si elle avait eu un malaise ? Si elle était allée s’étendre cinq minutes au salon ? Mais le salon était désert (si l’on excepte Hector, qui avait aban­donné les J.O. d’hiver et se
repo­sait sur le canapé). J’ai pensé qu’elle pou­vait être dans son lit, mais je me suis dit que si elle était mon­tée à l’étage, je n’aurais pas man­qué de l’entendre, puisque sa chambre est à côté de la mienne. La conver­sa­tion de cla­vier d’Alexandra n’est pas assez fas­ci­nante pour me rendre sourd au monde exté­rieur.
C’est alors qu’un détail, enre­gis­tré en pas­sant dans la cui­sine, m’est revenu en tête.
Les cerises.
Quand on fait de la confi­ture de cerises, la moindre des choses, c’est d’avoir des cerises à por­tée de main. Sinon, à quoi bon. Or, sur la table, sur l’évier, près du gaz, aucun fruit.
J’ai contourné l’escalier.
Au fond du hall d’entrée, une porte donne sur le jar­din. Juste avant, sous l’escalier, se trouve une petite pièce sans fenêtre au pla­fond en pente, que j’ai tou­jours appe­lée la chambre d’Harry (1).
On y entre­pose les légumes du jar­din, les fruits et quelques conserves. C’est là, le matin même, que Mamie avait entre­posé les cerises. Elle avait dû aller les cher­cher pen­dant que le sucre chauf­fait dans la bas­sine en cuivre.
J’avais hâte d’en finir, de mettre la main sur Mamie et d’abréger le scé­na­rio catas­trophe qui se met­tait en place dans ma tête.1. Les appren­tis sor­ciers comprendront
Comment (bien) rater ses vacances, p.40–41

RENCONTRES
Jeudi 10 avril – 20 h
Bibliothèque Seyssinet-Pariset
Samedi 12 avril – 14 h
Bibliothèque Jardin de Ville
SIGNATURE
Dédi­caces des auteurs ven­dredi,
samedi ou dimanche
sous le cha­pi­teau du Jar­din de ville
BIBLIOGRAPHIE SÉLECTIVE
Western girl
Rouergue, 2013, roman doAdo
Comment (bien) gérer sa love-story
Rouergue, 2011, roman doAdo
Comme des trains dans la nuit
Rouergue, 2011, nou­velles doAdo
Comment (bien) rater ses vacances
Rouergue, 2010, coll. doAdo
Bonheur fan­tôme
Rouergue, 2009, coll. La brune
Point de côté
Thierry Magnier, 2006